Je suis dans ma 67ème année, marié à Colette qui me supporte depuis tant d’années. Aujourd’hui retraité, j’ai passé toute ma carrière professionnelle dans l’Administration des Douanes. Chacun sait que je suis diacre. J’ai pris ma 1ère licence en 1988 (n° 5737). Je reconnais humblement que j’ai, depuis toujours, le « Fighting Spirit »
Peux-tu nous raconter comment tu as attrapé le virus du sport automobile ? Y at-il un moment précis qui t’a marqué ??
J’ai fait le clown avec tout ce qui a un moteur, jusqu’au jour où un collègue de mon épouse m’a demandé de pallier à l’absence de son copilote. Nous nous sommes rapidement quittés car j’estimais que ça n’avançait pas (PTDR !). Ma modeste carrière s’est construite grâce aux rencontres, et elles furent très nombreuses, sans froisser quiconque j’ai une pensée pour l’équipe des Eric Dupont (Si l’un nous a quitté accidentellement, l’autre Eric* est mon ami de toujours), Gilles Stievenart (mon 1er podium), Patrick Valcke, Olivier Ducrocq, mon beau-fils Romain Dufour, etc. sans oublier Franck Peynot, le préparateur-sorcier.
Chaque épreuve est une aventure unique. Quel a été ton plus grand frisson en course ?
Frisson de peur ? Jamais ! Grosses émotions ? Plein notamment : Bianchi 89 (ES1 = 1 note – 1 caisse), Ypres 91 où l’on était dans le top 10 avant la crevaison, La « Perte Totale » au Grasse Alpin 92, les 5 tonneaux dans le champ de pois au Dunkerque 1993 dans la dernière ES (encore merci Eric*), …, plus récemment : le charlemagne 2018 (1er 2 roues motrices avec Max Dupont), tous les rallyes en mode « Full Attack » avec Romain, en particulier la Finale 2021 à Châteauroux.
Parle-nous de ta voiture : qu’est-ce qui la rend spéciale à tes yeux ?
Parle-nous des voitures où tu as occupé le baquet de droite ?
Vous pensez bien que depuis 1988 à 2025 je me suis assis dans toutes les catégories d’auto de la N1 à la WRC. Un Coup de cœur pour la Ford Escort Groupe A « Usine » de Gilles, la Subaru P7WRC, la 306 Maxi de Pascal Enjolras (un bijou)
Dans le cockpit, c’est une vraie guerre des nerfs. Comment gères-tu la pression et les imprévus en spéciale ?
Il parait que j’ai un sang-froid à toutes épreuves, même quand l’auto est à l’envers dans le fossé (PTDR)
Le sport auto demande des sacrifices. Quel a été le plus gros défi que tu as dû surmonter pour être sur la ligne de départ ?
Pour ma part aucun, c’est Colette qui en fait un paquet. Juste une anecdote : la 1ère fois que je suis monté avec Romain, les gens m’ont dit « Tu vas avoir peur, car ça va très vite ». Je n’ai jamais eu peur car son pilotage est très « pur ». Il a sans conteste le « truc ». Les gens nous prenaient pour des fous furieux alors que nous prenions du plaisir à péter des temps sans « vrais » risques.
Si tu pouvais donner un conseil au “toi” du début, celui qui rêvait de monter dans une voiture de course, ce serait quoi ?
Aucun conseil : Je lui dirais simplement « tu as bien fait de cultiver l’humilité, de rester à ta place en faisant tout pour faciliter la vie de tes pilotes, d’entretenir des relations amicales avec tous les autres concurrents, de souligner le dévouement de l’assistance, de respecter les officiels et commissaires
Chaque pilote ou copilote a ses petites habitudes avant un rallye. As-tu un rituel ou une superstition qui te suit à chaque course ?
Non. Néanmoins quand l’église est toute proche du parc, tout à fait naturellement j’y rentre pour prier.
Le rallye, le circuit c’est aussi une question d’équipe. Quelle est la personne (ou l’équipe) sans qui rien ne serait possible pour toi ?
Sans hésitation : Les personnes bénévoles ou professionnelles qui assurent l’assistance. J’y ajoute les commissaires qui œuvrent par tous les temps. Mais en réalité le rallye c’est un puzzle, toutes les pièces sont importantes. S’il en manque une le rallye ne peut se dérouler.
Le sport auto est un monde de passionnés. As-tu une idole ou une source d’inspiration qui t’a guidé dans ton parcours ?
Pas vraiment ! Mais jamais je n’oublierai l’attitude de Christian Tilber, à mon 1er Mont Blanc, copilote à l’époque de François (Delecour), qui m’a fait assoir à ses côtés pour me donner des conseils. Il en est de même pour l’aventure avec Gilles (Stievenart) et Anne-Chantal (Pauwels).
Et pour finir, si on se projette dans quelques années… Où aimerais-tu te voir et quel est ton plus grand rêve en rallye ?
A mon âge, mes rêves ont été réalisées grâce à toutes ces rencontres, à tous ces pilotes qui m’ont fait confiance. Aujourd’hui avec Thomas (Seux) dans le cadre de l’aventure « Le Copilotage Inclusif » nous faisons en sorte de permettre à ces jeunes, porteurs de handicap mental, de réaliser leur rêve, comme au Béthunois 2025. Au-delà de l’aspect sportif nous vivons grâce à eux, grâce à l’engagement des éducateurs et celui du monde du rallye, dont notre ASA, des choses MERVEILLEUSES.
Ce faisant j’espère continuer de partager ma passion, de transmettre mon savoir et mon savoir-faire, à des copilotes, à des jeunes pilotes (j’en ai formé plusieurs), comme je le fais depuis tant d’années. Ce n’est pas par hasard si notre regretté Françis (Cuisin) me surnommait « le professeur ».









