Je m’appelle Mickael PROVIN, je suis Educateur / Coordinateur au sein d’un IME dans le Boulonnais. Je réside à Beussent dans la vallée de la Course, près de Montreuil Sur Mer. Nous avons avec ma femme deux grandes filles désormais: Loanne et Laurine, qui sont également licenciées tout comme moi à l’ASA Artois Littoral 2, et qui se partagent le baquet de droite à mes côtés. Outre le sport automobile qui m’a toujours bercé depuis le plus jeune âge, j’aime évidemment m’occuper de ma maison, mon jardin et partager des moments en famille. Sportivement, J’ai longtemps pratiqué le triathlon en club
Peux-tu nous raconter comment tu as attrapé le virus du sport automobile ? Y at-il un moment précis qui t’a marqué ??
Résidant depuis mon plus jeune âge à l’épicentre des épreuves spéciales du rallye du Touquet, le sport automobile et notamment le rallye a toujours été un centre d’intérêt actif à mes yeux. Mais le déclic aura été en 1993, date à laquelle le rallye du Touquet accèdera en championnat de France 1ère division, pour ne plus le quitter d’ailleurs !
J’avais 18 ans à l’époque, et je voyais pour la première fois ce chapelet de meilleurs pilotes français (Béguin, Baroni, Ragnotti, Bugalski, Chatriot, etc…) au volant de voitures tels que les Escort Cosworth, Lancia Delta, Toyota Célica, etc… Nous les entendions arriver à des Kilomètres ! Quelle époque ! Personne je pense ne me contredira !
Chaque épreuve est une aventure unique. Quel a été ton plus grand frisson en course ?
Je dirais pour ma part, non pas » un grand frisson », mais « une grande émotion ».
Nous sommes le 15 Mars 2024, je suis derrière le volant d’une voiture de course « Choupette » pour ceux qui la connaissent, celle que j’ai monté de mes mains.
Me voilà au départ d’une épreuve spéciale de ce rallye du Touquet, cette course qui m’a tant fait rêver durant toutes ces années. Je n’ai d’ailleurs jamais loupé une édition !
Imaginez, pour un passionné comme moi, j’ai attendu plus de 30 ans cet instant.
De plus, j’y embarque ma fille ainée à mes côtés ! C’est l’accomplissement !
J’ai pourtant vécu des instants de liesse avec ma famille et mes amis lorsque je pratiquais le triathlon, mais là, c’est différent ! C’est pour moi bien entendu l’aboutissement d’un rêve de gosse, et qui est partagé avec mes enfants… ça n’a pas de prix pour moi !
Parle-nous de ta voiture : qu’est-ce qui la rend spéciale à tes yeux ?
Spéciale, parce qu’il s’agit de mon unique voiture de course. Je l’ai démonté, remonté, peaufiné, réglé de A à Z. Certes, elle n’est pas forcément la plus rapide du parc, mais c’est la mienne ! De plus, ses couleurs (orange et noir) ont été choisi en famille. le Orange est la couleur favorite de ma femme ! Et voilà, ça nous suffit à dire qu’elle est très très spéciale à nos yeux.
De, plus, son petit surnom de « Choupette » lui va bien je trouve !
Dans le cockpit, c’est une vraie guerre des nerfs. Comment gères-tu la pression et les imprévus en spéciale ?
« Jamais dans le dur ! » c’était d’ailleurs ma devise en triathlon, et notamment sur des belles épreuves « IRONMAN » que j’ai accompli. Je garde donc les yeux grands ouverts, Je m’efforce de respirer lentement, calmement et j’analyse la situation virage après virage ! Lors d’un départ, aucun pilote ne me dira qu’il n’a pas d’anxiété, mais il ne faut jamais laisser planer un quelconque doute dans le cockpit ! Les copilotes ont aussi besoin de ressentir cette concentration, cet apaisement de leur pilote. Il faut que tout se coordonne avant que le feu passe au vert !
Le sport auto demande des sacrifices. Quel a été le plus gros défi que tu as dû surmonter pour être sur la ligne de départ ?
J’ai attendu 31 ans. Je suis donc comme la plupart des gars sur les rallyes, j’ai patienté en croyant toujours à mon rêve !
Mais avant de m’offrir le plaisir de courir en rallye, je me assuré de ne pas mettre en péril financier mon foyer, ma famille. Il y a des impératifs dans la vie (maison, études, etc…) et le rallye n’en faisait absolument pas partie !
Notre projet de rouler en famille n’est pas arrivé tout cuit ! Je ne baignais pas dans le milieu du sport auto. Il a donc fallu tout créer pour espérer prendre un jour un départ.
Si tu pouvais donner un conseil au “toi” du début, celui qui rêvait de monter dans une voiture de course, ce serait quoi ?
« Entoure toi des bonnes personnes ». Et c’est d’ailleurs toujours le cas !
Le sport automobile ne diffère pas des autres sports finalement, il y a de tout et n’importe quoi !
Les conseilleurs avec l’argent des autres, ou les gens peu scrupuleux. Je m’en écarte !
Chaque pilote ou copilote a ses petites habitudes avant un rallye. As-tu un rituel ou une superstition qui te suit à chaque course ?
Non pas vraiment. On discute dans l’auto, de tout et de rien pour se détendre. Je ferme juste les yeux quelques secondes durant la minute qui précède un départ. Pas de superstition pour ma part !
Le rallye, le circuit c’est aussi une question d’équipe. Quelle est la personne (ou l’équipe) sans qui rien ne serait possible pour toi ?
Il y en a plusieurs: Mes filles bien évidemment, car elles seules me copilotent. J’ai une confiance aveugle en elles, ma femme qui a accepté de faire rentrer une voiture de course dans le garage, mes parents, ma famille qui me suivent régulièrement sur les épreuves et une poignée d’amis fidèles. Ils se reconnaitront !
Le sport auto est un monde de passionnés. As-tu une idole ou une source d’inspiration qui t’a guidé dans ton parcours ?
Comme beaucoup: Sébastien LOEB et son parcours parti de rien ! C’est mon idole, mais pas forcément ma source d’inspiration.
Et pour finir, si on se projette dans quelques années… Où aimerais-tu te voir et quel est ton plus grand rêve en rallye ?
Ah…très bonne question, mais j’ai la réponse !
Si je pouvais, je m’offrirais une WRC (une Escort ou une Sub), et je ferais le tour du championnat de France des rallyes







